DEFINITION ET
CARACTERISTIQUES DU SON
Merci à C.Bourdoncle et L.Favre pour leur participation à la rédaction de cet article
1.1
Définition
Le mot "son"
désigne à la fois une sensation auditive et le
phénomène physique susceptible de lui donner naissance.
D'un point de vue physique le son est une perturbation d'un milieu
élastique, d'un point de vue auditif il s'agit du signal perçu
par le sens de l'ouïe. On parle ainsi d'infrasons ou
d'ultrasons (cf. Tableau 1) pour désigner des vibrations de
fréquences respectivement trop basses ou trop élevées
pour être audibles.
Les Fréquences
audibles
|
Gamme
de fréquence
(Hz)
|
16
à
60
|
60
à
200
|
200
à
500
|
500
à
1500
|
1500
à
4000
|
4000
à
10000
|
10000
à
20000
|
|
Domaine
|
Extrême grave
|
grave
|
Bas
médium
|
Bas
médium
|
Haut
médium
|
aigu
|
Extrême aigu
|
Tableau
1 : Gamme et domaine de fréquence
16
à 60 Hz :
Domaine de
l'extrême grave (‘infra basses').
Ces
fréquences apparaissent dans la grosse caisse ou la basse.
Elles sont puissantes et profondes mais nécessitent que les
hauts parleurs puissent les reproduire (sub-woofer). Cette gamme de
fréquence est notamment présente dans le « son
cinéma », en particulier pour la reproduction
des explosions ou des bruits. Dans le domaine musical, une
exagération de ces fréquences entraînera un
manque de clarté (son ‘étouffé').
60
à 200 Hz :
Domaine du grave.
C'est
le domaine de la grosse caisse, de la basse ou de la timbale.
200
à 500 Hz :
Début du
bas médium.
Les
voix et les guitares apparaissent. Fin du registre des sons graves.
Dans cette zone, des
phénomènes de ‘brouillage' entre les instruments
peuvent se manifester.
500
à 1500 Hz :
Registre du bas
médium
Domaine
des voix mais aussi des guitares et de la caisse claire avec les
premières harmoniques
des instruments.
1500
à 4000 Hz :
Registre du haut
médium
On
y trouve les harmoniques de rang élevé
(particulièrement ceux de la voix).
4000
à 10000 Hz :
Domaine de
l'aigu
Lieu
privilégié des cymbales ou du triangle. Une
amplification autour de 5000 Hz augmente la clarté et la
présence d'une voix ou d'un instrument.
10000
à 20000 Hz :
Dernière
plage audible de l'aigu.
Ces fréquences donnent au
son de la brillance. C'est dans ce domaine que le ‘souffle'
d'un enregistrement peut parfois se situer.
1.2 Aspect physiqueLe son est une
perturbation qui se propage dans un milieu matériel
élastique.
Cette perturbation modifie la pression dans le milieu (représenté
par des bâtons ci-dessous), et aussi le déplacement
et la vitesse des particules du milieu. Les sons se propagent dans
les milieux élastiques, qui transmettent l'état de
compression ou de dilatation de proche en proche, sans
qu'il y ait transport de matière à distance.
Figure
1 : Propagation de l'onde dans un milieu
1.2.1 Emission
Un son prend
naissance dans l'air quand les molécules qui le composent
sont mises en mouvement d'une quelconque façon.
Ainsi, le
va-et-vient périodique d'une membrane de haut-parleur
provoque la transmission dans l'air d'ébranlements
successifs de compression et de dépression. Les instruments de
musique donnent de bons exemples de différents types
d'émission sonore. Les cordes d'un violon reçoivent
de l'énergie de l'archet qui y entretient des oscillations
de relaxation : ces oscillations mettent en vibration la caisse, et
les vibrations de la caisse sont rayonnées dans l'atmosphère;
le piano, la harpe, les tambours, les cymbales et les haut-parleurs
rayonnent également le son par vibration d'une surface
solide. Dans le cas de la trompette, le jet d'air émis par
les poumons de l'instrumentiste est périodiquement haché
par les vibrations de ses lèvres il s'agit là encore
d'oscillations de relaxation, dont la fréquence dépend
à la fois de la tension des lèvres de l'instrumentiste
et des caractéristiques du tube de la trompette; les
instruments à anche (hautbois, clarinette) et la voix humaine
émettant des sons "sonores" ou "voisés"
(comme les voyelles usuelles) fonctionnent aussi par interruption
quasi périodique d'un jet d'air.
1.2.2
Propagation et effet des obstacles
1.2.2.1 Propagation
D'une manière générale,
une onde peut se propager transversalement ou longitudinalement dans
un milieu de densité uniforme. Dans les deux cas, seule la
quantité d'énergie véhiculée par l'onde
se déplace, tandis que le milieu demeure pratiquement
inchangé. Un exemple simple d'onde transversale se présente
lorsqu'on secoue l'extrémité libre d'une corde attachée
à un poteau.
Une onde "plane" se propage
dans une direction, sans affaiblissement tandis qu'une onde
"sphérique" se propage dans toutes les directions.
La vitesse de propagation, ou célérité,
d'un son dans un milieu élastique possède une
propriété remarquable: elle ne dépend que du
milieu considéré et de son état de température
et de pression; elle ne dépend pas du son qui se propage, de
sa nature, de sa fréquence ou de son intensité. Ainsi,
à 20°C, la vitesse du son dans l'air sec est de 344 m/s.
Lorsque la température s'élève, la vitesse du
son augmente également. En revanche, une modification de la
pression dans un milieu de densité constante n'a pratiquement
pas d'influence sur la vitesse du son. En général, le
son se propage plus rapidement dans les liquides et dans les solides
que dans les gaz. On montre que la vitesse du son est proportionnelle
à la racine carrée de l'élasticité du
milieu :
1.2.2.2 Réfraction, réflexion
et interférence
Tout objet perturbant la propagation du
son provoque des phénomènes de réflexion, de
réfraction ou de diffraction :
- En acoustique, le phénomène
de réfraction ne joue pas un grand rôle. La réfraction
se traduit par un changement de la direction initiale des ondes.
Lorsque le son passe d'un milieu dans un autre, il a tendance à
revenir vers celui dans lequel il se propage plus lentement. La
réfraction des ondes acoustiques explique également la
bonne ou mauvaise réception d'un son se propageant dans le
vent.
- À l'instar de la lumière,
l'onde acoustique peut également subir une réflexion ou
une diffraction. Le son se réfléchit sur un
obstacle rigide et massif dont la dimension est très
supérieure à sa longueur d'onde. La réflexion
d'un son correspond au phénomène de l'écho.
Ainsi si un auditeur reçoit l'onde directe et l'onde
réfléchie, il entend un écho quand le retard de
l'onde réfléchie est suffisant (supérieur à
50 millisecondes). Si la surface de l'obstacle n'est pas dure et
rigide, une partie du son peut être absorbée. En
acoustique, on utilise beaucoup la réflexion pour amplifier ou
pour capter des sons. Par exemple, le mode de fonctionnement du sonar
se base sur la réflexion des sons se propageant dans l'eau.
Une autre application de la réflexion sonore est le mégaphone,
sorte de tube en forme d'entonnoir, qui réfléchit les
ondes acoustiques vers l'intérieur, provoquant ainsi
l'amplification du son émis. Le conduit auditif de l'oreille
fonctionne exactement suivant le dispositif inverse, en focalisant
les ondes acoustiques grâce à la partie évasée
de l'oreille qui est pointée vers la source sonore.
- Le son est également soumis
aux interférences. Si un son émis par une source
emprunte deux chemins différents (un chemin direct et un
chemin réfléchi) pour parvenir à une source
réceptrice, les deux sons créés vont alors se
superposer. S'ils sont en phase, leur combinaison aboutira à
un son plus fort. En revanche, s'ils sont en déphasage, le son
perçu sera moins puissant que celui obtenu sans interférence.
Des sons de fréquences différentes peuvent également
interférer : on obtient alors des distorsions complexes.
1.2.3 Caractéristiques d'un son simple
Tous les sons simples (ou purs), tels
qu'une note de musique, peuvent être décrits de manière
exhaustive par trois paramètres : la hauteur, l'intensité
(appelée aussi volume) et le timbre. Ces trois critères
correspondent respectivement à trois caractéristiques
de l'onde qui sont sa fréquence, son amplitude et sa
constitution harmonique. En revanche, le bruit, qui se compose
d'ondes acoustiques de fréquences différentes, ne peut
pas être décrit par ces trois critères. Le bruit
est un son complexe.
1.2.3.1 Fréquence
La fréquence d'une onde
acoustique correspond à une mesure du nombre d'ondes qui
passent par seconde en un point donné. La distance entre deux
sommets successifs de cette onde s'appelle la longueur d'onde. Le
produit de cette longueur d'onde par la fréquence est égal
à la vitesse de propagation de l'onde, qui est la même
pour tous les sons se propageant dans le même milieu à
température constante.
Figure
2 : Echelles Musicales,
Fréquences des sons fondamentaux
Il est facile de
repérer sur un piano (cf. figure 2) à quelle fréquence
correspond une note donnée. Par définition, une octave
représente l'intervalle séparant deux notes
quelconques, dont la fréquence de l'une est le double de la
fréquence de l'autre. Ainsi, si on prend comme repère
le diapason du piano (440 Hz environ), le la situé une
octave plus haut correspond donc à une fréquence de 880
Hz. De la même manière, les la situés un
et deux octaves plus bas ont des fréquences respectives de 220
et de 110 Hz (cf. figure 3). Pour chaque intervalle de notes, il
existe un rapport de fréquences correspondant. Ainsi, une
quinte représente l'intervalle de deux notes dont le rapport
de fréquences est de trois demi. De même, dans le cas
d'une tierce majeure, le rapport de fréquences est de cinq
quarts.
Figure
3 : Représentation d'un la2 et d'un la1
Il est important de
souligner que deux notes ayant une octave d'écart et émises
simultanément produiront une combinaison euphonique,
c'est-à-dire harmonieuse à l'oreille. Par extension, un
accord de plusieurs notes sera euphonique si les rapports de leurs
fréquences sont de petits nombres entiers. Dans le cas
contraire, une dissonance se produira. Sur un instrument qui émet
des sons de hauteur fixe, tel un piano, il n'est évidemment
pas possible de jouer en respectant scrupuleusement ces rapports.
C'est pourquoi on adopte des compromis, tout en restant conforme à
la gamme tempérée.
1.2.3.2 Intensité
L'intensité
d'un son est liée à l'amplitude de l'onde acoustique
correspondante. Cette dernière représente en fait une
mesure du déplacement des molécules d'air. Plus les
molécules d'air frapperont avec force la membrane de
l'oreille, plus l'amplitude de l'onde sera grande et donc plus le son
paraîtra fort.
L'amplitude
d'une onde acoustique peut se calculer de différentes
manières. Par exemple, on peut mesurer la distance du
déplacement relatif des molécules d'air, ou bien encore
la différence de pression qui s'opère au cours des
dilatations et compressions successives de l'air. On peut également
la calculer en mesurant l'énergie mise en jeu par les
vibrations sonores. Il est cependant difficile d'effectuer tous ces
calculs, c'est pourquoi on préfère mesurer l'intensité
d'un son en le comparant avec un son standard, exprimé en
décibels. On démontre que l'intensité d'un son
est égale au flux moyen d'énergie par unité de
surface perpendiculairement à la direction de la propagation.
Donc pour une onde sphérique l'énergie qu'elle transmet
à un récepteur décroît comme l'inverse du
carré de la distance si l'on néglige les variations des
propriétés physiques de l'air, telles que la
température, la pression et l'humidité.
Si on joue la même
note sur un diapason, un piano ou un violon, à volume
identique, ces trois sons ont la même fréquence et la
même amplitude crête à crête, mais possèdent
un timbre nettement différent (dû à la variation
de l'amplitude instantanée - cf. figure 4). De ces trois
sources sonores, le son le plus pur est celui émis par le
diapason, car il est constitué presque uniquement de
vibrations ayant une fréquence de 440 Hz. En revanche, le
diapason produit par un piano ou un violon se compose d'une vibration
principale de 440 Hz, appelée la fondamentale,
à laquelle se superposent d'autres vibrations dont les
fréquences sont des multiples entiers de la fréquence
fondamentale. Ces vibrations annexes sont appelées
harmoniques, et leurs intensités déterminent le timbre
de la note.
Figure
4 : Représentation des sons émis pas un diapason,
une flûte, un violon et un gong
1.2.2 Aspect auditif
Un ébranlement sonore est en
général produit par une vibration mécanique ou
par un mouvement matériel. Celui-ci pourra être perçu
si les ondes sonores se propagent jusqu'à l'oreille de
l'auditeur et si le son se trouve dans la plage de fréquence
des sons audibles qui se situe entre 20 à 20 000Hz pour une
personne d'âge moyen.
Lorsqu'un son est perçu les
ondes sonores sont transmises par le conduit auditif externe jusqu'au
tympan qu'elles font vibrer (cf. figure 5). Les cellules qui
tapissent la caisse du tympan tendent à résorber l'air
en permanence, et à faire ainsi chuter la pression. Mais, à
chaque mouvement de déglutition du pharynx, la trompe
d'Eustache s'ouvre et l'air extérieur pénètre
dans la caisse du tympan. Celui-ci, soumis à la même
pression (égale à la pression atmosphérique) sur
ses deux faces, peut alors continuer à vibrer parfaitement.
Ces vibrations sont transmises par la chaîne des osselets de
l'oreille moyenne jusqu'aux liquides de l'oreille interne via
la fenêtre ovale. Les mouvements de l'endolymphe font bouger
les cils des cellules sensorielles de la cochlée. Les cellules
ciliées transforment ces mouvements en messages nerveux
(potentiels d'action), qu'elles transmettent aux neurones du nerf
cochléaire qui, à son tour, véhicule ces
informations jusqu'au cerveau.
Figure 5 : Représentation
schématique d'une oreille
L'oreille n'est pas
parfaite. Des notes de même fréquence mais d'intensité
très différente pourront sembler de hauteur légèrement
différente à un individu ayant pourtant une bonne
acuité auditive. De même, si l'oreille perçoit à
peu près correctement toutes les fréquences lorsque
l'intensité du son est élevée, elle devient en
revanche moins sensible aux fréquences très basses et
très hautes d'un son, si celui-ci est émis avec une
faible intensité. C'est pourquoi un appareil de reproduction
des sons fonctionnant pourtant parfaitement pourra sembler ne pas
reproduire les notes les plus hautes et les plus basses, lorsque le
volume du son est faible. Une autre imperfection de l'oreille est son
incapacité à distinguer les notes de haute fréquence,
si celles-ci s'accompagnent de sons de basse fréquence et
d'intensités très élevées. Ce phénomène
s'appelle le masquage. L'oreille est remarquablement insensible aux
déphasages entre harmoniques d'un son périodique.
Quand l'oreille perçoit un son
musical contenant juste une partie des harmoniques du fondamental,
elle forme des combinaisons de ces harmoniques sous forme de sommes
ou de différences de fréquences, reproduisant ainsi le
fondamental ou les harmoniques manquants dans le son initial. Cette
réponse imparfaite de l'oreille peut être précieuse
dans certains cas. Considérons, par exemple, un appareil de
reproduction des sons doté de petits haut-parleurs. En
général, ce genre de dispositif ne peut pas reproduire
des sons de basse fréquence. Une oreille humaine écoutant
cet appareil sera pourtant capable de restituer certaines de ces
basses fréquences, en recombinant certaines harmoniques.
1.4 Conclusion
La musique, la parole et le bruit sont
trois formes de sons que l'on considère rarement comme pures.
Une note de musique comprend, outre la fréquence fondamentale,
des tons plus élevés qui constituent les harmoniques de
cette fréquence fondamentale.
Les harmoniques jouent un rôle
crucial dans le domaine de la synthèse sonore car
ce sont elles qui apportent de la richesse au son.
Il existe plusieurs méthodes
qui consistent à augmenter le nombre d'harmoniques :
- l'addition de plusieurs sons
entre eux ( la
synthèse additive).
- la modulation de la fréquence
d'un signal sinusoïdal par un autre signal sinusoïdal de
fréquence plus basse ( la
synthèse FM).
Il est aussi possible de réduire
le nombre d'harmonique à partir d'un son riche
en utilisant des filtres de plusieurs types ( la
synthèse soustractive).
L'une des applications de ces
synthèses est la synthèse vocale. Elle utilise les
composantes intrinsèques des différentes synthèses. En
effet, la « génération de parole
synthétique » a d'abord été un
mélange de sons produits de façon analogique ( le
« voice-coding » ou le « vocoding »)
pour devenir, aujourd'hui, le produit d'algorithmes extrêmement
complexes intégrés dans des systèmes numériques
(la
synthèse numérique).
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